Protection du macaque à crête et programmes éducatifs à Sulawesi, bilan 2023

Sulawesi, en Indonésie, présente un intérêt particulier en ce qui concerne l’endémisme des espèces, notamment pour les primates, car elle abrite sept espèces de macaques que l’on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde. Les macaques à crête (Macaca nigra) sont l’une de ces espèces. Leur population a diminué de plus de 80 % depuis les années 1970. La principale menace est la chasse et la destruction de leur habitat. Ils sont désormais en danger critique d’extinction et figurent sur la liste des 25 espèces les plus menacées de l’Union Internationale de Conservation de la Nature. Tangkoko abrite la population la plus importante et la plus viable mais la forêt est menacée par l’exploitation du bois, l’agriculture et l’exploitation minière illégale qui réduisent drastiquement sa taille. Si rien n’est fait, les macaques à crête pourraient disparaître complètement de leur aire de répartition naturelle d’ici 2030. 

Macaque à crête dans la forêt de Tangkoko. Crédit photo : Yvan Kereun Appa, AMDE

ACTIVITÉS SCOLAIRES et PROGRAMMES D’ÉTUDES 

Pour rappel, le Tangkoko Conservation Education (TCE) est le programme éducatif du projet Macaca Nigra, un projet de recherche, d’éducation et de conservation axé sur les macaques à crête, fondé en 2006 et basé dans la réserve de Tangkoko. Le TCE a été créé en 2011, avec pour objectif principal d’augmenter les comportements positifs des populations locales envers leur environnement, en utilisant l’emblématique macaque à crête comme espèce phare. Depuis 2011, il inclut  22 écoles dans 13 villages de 3 districts différents, soit 4362 élèves (âgés de 9 à 15 ans), 100 membres du personnel scolaire et 8000 membres des communautés locales. Les leçons données sur l’environnement sont présentées dans un livret, accompagné d’illustrations, et des excursions ont lieu dans la réserve naturelle de Tangkoko, organisées en collaboration avec le projet Macaca Nigra. 

Excursion dans la forêt de Tangkoko avec les enfants et

En octobre 2020, un projet pilote appelé Science Camp a été mis en place. Jusqu’en 2022, les élèves venaient du village voisin de la réserve naturelle de Tangkoko. En 2023, le public s’est élargi en accueillant des élèves d’autres régions. L’objectif étant de permettre aux élèves de la ville voisine de Bitung de vivre une expérience pratique, favorisant une meilleure compréhension de la nature, de l’écologie et de l’environnement. Cet effort est important pour former les futures générations d’agents de conservation potentiels. 

En 2022, le ministère indonésien de l’éducation, de la culture, de la recherche et de la technologie a lancé un nouveau programme scolaire, le curriculum Merdeka (Curriculum Indépendance), qui met l’accent sur les projets, les sorties sur le terrain et les activités interactives plutôt que sur les cours classiques en classe. En 2023, les anciens élèves des trois premiers camps scientifiques et le personnel occasionnel chargé du programme d’études sur l’indépendance ont participé à une activité d’apprentissage de l’analyse de la végétation avec les guides de Tangkoko. De même, en octobre, 9 jeunes collégiens de la région ont participé à un camp scientifique Junior afin de se familiariser avec la réserve Tangkoko à travers des activités creatives, des jeux sur le changement climatique, et des excursions en forêt. La prochaine étape du programme  « Curriculum Indépendance » sera une formation des enseignants pour aborder les sujets liés aux ressources naturelles, aux arts créatifs et aux jeux notamment, afin de partager les connaissance acquises au cours de ces deux dernières années et permettre au personnel enseignant d’appliquer ces activités au sein de leurs établissements. 

Un impact positif de ces programmes éducatifs

En 2023, la publication d’un numéro spécial dans l’International Journal of Primatology, basé sur les données collectées par le MNP et TCE, montre que les scores de connaissance et de comportement des élèves ont augmenté de manière significative après leur participation au programme. Malgré certaines limites, cette étude démontre l’impact positif du programme sur les jeunes vivant dans une région où les primates sont menacés. 

Lien vers l’article disponible en libre accès : https://doi.org/10.1007/s10764-023-00356-9

Nona et Risma qui présentent les résultats du programme TCE

PROJET DE RECYCLAGE DU PLASTIQUE

En novembre 2023, Nona de TCE et Risma de MNP ont effectué un voyage de reconnaissance dans l’association RIMBA dans le village de Sungai Pinang à Sumatra Ouest. Elles ont eu l’occasion de rencontrer le personnel qui gère le centre d’éducation et la station de recyclage du plastique. Ce fut une excellente occasion de découvrir les machines à pyrolyse et la manière dont elles peuvent contribuer à lutter contre la pollution plastique en transformant les déchets plastiques en produits utiles, tels que du carburant ou des matières premières. L’objectif est de mettre en œuvre ce projet dans le village de Batu Putih après avoir pleinement évalué son impact économique et environnemental. Cela permettrait de réduire la pollution plastique et d’améliorer les conditions sanitaires du village, qui ne dispose d’aucun système de collecte ou de recyclage des déchets.

Bravo pour ces actions !

Les tortues marines de l’île de Marak un véritable enjeu de conservation

Les tortues marines 

Sur plus de 300 espèces de tortues, seules 7 vivent en mer. Six des sept espèces vivantes sont considérées comme menacées (vulnérable, en danger, en danger critique) d’après la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). 

L’association RIMBA au large de Sumatra (Indonésie) sur l’île de Marak, protège les sites de ponte de deux des six espèces de tortues marines présentes en Indonésie : la tortue verte (Chelonia mydas) classée en danger et la tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata) en danger critique d’extinction. 

Différenciation morphologique et physique entre les deux espèces de tortues protégées par RIMBA

Les rôles des tortues dans les écosystèmes  

Les tortues marines jouent un rôle écologique clé dans les écosystèmes marins et côtiers et leur élimination peut avoir de graves conséquences sur l’équilibre de nos océans. Les tortues vertes par exemple permettent le maintien d’herbiers marins en bonne santé par leur pâturage, les tortues imbriquées quant à elles permettent de maintenir la structure des récifs coralliens en consommant les éponges qui limitent l’établissement des coraux. Leurs autres rôles sont nombreux, de prédateurs à proies elles font partie intégrante du réseau trophique océanique.

Les menaces 

Les menaces que subissent les tortues marines sont multiples avec la pêche illégale et le braconnage des œufs comme principales menaces en Indonésie. 

« D’après une étude de l’Arizona State University, 95 % des tortues de mer braconnées proviennent de deux espèces : les tortues vertes et les tortues imbriquées. Elles sont toutes les deux considérées comme des espèces en voie de disparition. Au cours de ces 30 dernières années, plus de 1,1 million de tortues marines ont été tuées illégalement. » 


Tortue verte braconnée
Œufs de tortues vendus au bord de la plage à Padang, Sumatra Ouest, Indonésie

À ces menaces majeures s’ajoutent les captures accidentelles dans les filets de pêche, la perte et la dégradation de leur habitat côtier, la pollution marine, l’introduction de prédateurs, les maladies et le changement climatique qui modifie notamment le sexe ratio des pontes, menaçant la viabilité des populations sur le long terme. 

Protection 

L’association RIMBA s’efforce de protéger ces deux espèces de tortues marines en surveillant les plages pour repérer et protéger les sites de ponte. Lorsque c’est nécessaire les nids peuvent être relocalisés avant d’éviter leur submersion et/ou faciliter leur surveillance. Deux équipes de 2 rangers se relaient pour assurer une présence sur l’île 24/24h toute l’année. La surveillance des plages est effectuée la nuit sur la plage principale et le matin sur les plages secondaires de l’ile, accessibles par bateau.

Organisation des plages de l’île de Marak, et lieux des surveillances journalières 

Merci aux laboratoires d’analyse médicale BIOGROUP et de Biologie Animale Vet’Analys pour leur soutien financier qui permet la protection des nids de tortues vertes et imbriquées sur l’île de Marak.

Pour plus d’informations concernant les tortues marines, vous trouverez ICI un dossier complet reprenant leur biologie, leur rôle dans les écosystèmes, les menaces qui les touchent ainsi que les actions et protocoles mis en place par l’association RIMBA pour les préserver. 

Bilan de l’année 2023 sur le programme d’élevage du Monarque de Fatu Hiva (Pomarea whitneyi)

Pour rappel, le Monarque de Fatu Hiva est une espèce d’oiseau endémique de l’île de Fatu Hiva aux Marquises, classée en danger critique d’extinction d’après la liste rouge de l’Union Internationale de Conservation de la Nature (UICN). 

Il ne reste aujourd’hui que cinq couples reproducteurs sur cette île, et donc dans le monde, qui pondent entre un et deux œufs par an. Ce sont donc moins de dix œufs par an qui sont incubés. 

Après plus de 10 mois de construction le centre d’élevage est terminé !  

Il comprend un logement pouvant accueillir deux à trois personnes, un laboratoire contenant tout le matériel nécessaire (de la collecte dans le nid à l’élevage des jeunes en passant par l’incubation des œufs) et pour finir un complexe comprenant quatre volières. 

Le complexe comprenant les quatre volières. 
Les volières sont connectées entres-elles par un système d’ouverture activable à distance permettant des échanges entre les individus et sont également pourvues de mangeoires accessibles depuis l’extérieur. Ces dernières peuvent aussi capturer les individus afin de pouvoir les transporter. Les volières sont agrémentées de Purau (Hibiscus tiliaceus) et de faux caféiers afin de recréer un environnement similaire au milieu naturel. 
Les deux logements 
L’incubateur. 
À l’intérieur du laboratoire tous les éléments sont réunis pour recréer des conditions de température et d’humidité identiques à celles du milieu naturel et indispensables pour une bonne incubation des œufs. 

Depuis septembre 2022 l’implication du Zoo d’Auckland a été très importante (design du labo et des volières, choix du matériel, organisation de quatre missions entre juin et septembre). Des experts des Zoo Victoria et du Zoo de Jersey sont également venus pour former les équipes locales et mettre en place les protocoles d’incubation des œufs et d’élevage des jeunes à la main. 

La récolte des œufs un vrai défi 

Les forêts de Purau (Hibiscus tiliaceus) dans lesquels vivent et nichent les Monarques n’ont pas de troncs suffisamment larges pour appuyer les échelles et atteindre les nids percher à une douzaine de mètres de hauteur (entre neuf et 20 mètres de haut). L’échelle doit être tenue par plusieurs cordes suivant un protocole bien précis. Une formation a eu lieu en Mars 2023 grâce à Justin Hite, venu bénévolement de Hawaii pour former l’équipe locale à la collecte d’œufs. 

Entrainement des équipes à la collecte des œufs 

Bilan des prélèvements d’œufs effectués au cours de l’année 

Ce sont au total six œufs prélevés entre juin et octobre 2023. Parmi eux, trois embryons étaient déjà morts au moment du prélèvement. Sur les quatre œufs couvés en captivé, un n’a pas éclos. Sur les trois poussins éclos, un n’était pas via dès l’éclosion et les deux autres sont morts au bout de 3 jours de captivité. Les nécropsies ont été réalisées et les analyses d’une anatomopathologiste allemande sont en cours pour connaitre les causes de décès. Il est très probable que la faible diversité génétique des oiseaux et l’âge élevé des parents aient un impact sur la survie des juvéniles.

Des succès non négligeables 

Plusieurs étapes cruciales ont toutefois été franchies comme le prélèvement au nid, le transport des œufs, l’élevage d’insectes, l’incubation artificielle et la mise en place d’équipements performants. Un protocole détaillé et précis a été réalisé sur chaque étape mais devra être affiné lors des premiers succès d’élevage. Deux rousserolles des Marquises (Acrocephalus mendanae), espèce insectivore endémique des Marquises, ont été prélevées au nid deux jours après l’éclosion. Leur élevage à la main n’a pas posé de problème et elles sont aujourd’hui en volière. Le choix de prélever les poussins de Rousserole a été guidé par la nécessité d’exclure tout doute sur la toxicité possible de la nourriture donnée aux poussins de Monarque et pour évaluer d’éventuels problèmes dans les différentes phases du protocole d’élevage en captivité. 

Il sera envisagé de prélever des poussins de deux à quatre jours après l’éclosion pour passer la période critique des premiers jours après éclosion sachant que le risque de contamination par la malaria aviaire est très faible au nid durant cette période post-éclosion. 

Les deux rousseroles élevées à la main

Une année 2023 riche de succès pour la préservation des lémuriens à Madagascar par Helpsimus

Un bilan 2023 riche de nombreuses réalisations et objectifs atteints par l’association Helpsimus, qui œuvre à Madagascar près du Parc National de Ranomafana. 

La protection des grands hapalémurs (Prolemus simus) est l’objectif principal du programmeBamboo lemur  créé en 2008. Toutefois, la conservation de cette espèce est indissociable des actions de préservation de leur habitat, de développement et d’augmentation du niveau de vie des communautés locales, et de l’éducation des enfants. 

Axe 1 : La préservation des lémuriens 

Les grands hapalémurs se portent bien avec près de 80 naissances enregistrées en décembre 2023. La population de grands hapalémurs suivie et directement protégée par Helpsimus dépasse aujourd’hui les 650 individus, soit près de 3 fois plus qu’il y a 10 ans.

De plus, un terrain de 40 hectares, sur lequel évoluent plusieurs groupes de grands hapalémurs a pu être acquis en partenariat avec Impact Madagascar. Celui-ci présente des forêts encore bien préservées et un premier inventaire faunistique a été réalisé. 

Nouveau-né de grand hapalémur © S. Meys

Les Avahis de Peyrieras quant à eux sont suivis la journée par des guides et la nuit par des pièges photographiques. 

Avahis de Peyrieras © D. Roullet 

Les autres espèces de lémuriens, comme les cheirogales ou encore les microcèbes sont étudiés indirectement par l’analyse génétique de leurs poils et/ou fèces, ce qui permet d’identifier les espèces et leur nombre en limitant la manipulation des animaux. 

Des naissances ont été enregistrées dans 29 des 31 groupes de lémuriens suivis, les 2 derniers groupes étant composés de jeunes animaux qui n’ont pas encore reproduit. 

Au total ce sont plus de 700 lémuriens répartis en 4 espèces (Grand hapalémur, Lémur à ventre roux, Avahi de Peyrieras et Hapalémur de Ranomafana) qui bénéficient de la protection directe mise en place par Helpsimus ! 

Axe 2 : gestion des interactions homme/faune sauvage 

Le gardiennage des rizières a permis de surveiller une surface totale de 34 hectares et de repousser plus de 1000 attaques. Certaines de ces attaques ont causé des dommages dans 27 rizières mais dans 87 % des cas les dégâts ont été inférieurs à 0,1 %. 

Par ailleurs, une production de plus de 42 tonnes de légumes a été réalisée grâce au développement du programme agricole qui a permis de multiplier le rendement des rizières par 3,6. Le produit des ventes de légumes a été multiplié par 1,5 par rapport à l’année dernière.

En 2023 ce sont 30 000 plants forestiers qui ont été replantés, couvrant une superficie d’environ 7,5 hectares (bilan provisoire), permettant la restauration d’écosystèmes favorables aux lémuriens et au retour de la biodiversité. Les plants sont fournis par les pépinières développées localement par les villageois. 

Plants d’arbres endémiques replantés par les enfants © D. Roullet
Pépinière d’un des villages © D. Roullet

Axe 3 : soutenir l’éducation des enfants 

Un centre de recherche a pu être construit à proximité du campement de Vohitraviro afin de pouvoir accueillir les stagiaires, bénévoles et chercheurs dans de meilleures conditions. 

Il permettra aussi d’accueillir des formations et des ateliers pédagogiques pour les enfants. 

Centre de recherche des Simus © D. Roullet

Dans les cinq écoles primaires soutenues par Helpsimus, plus de 70 % des candidats au Certificat d’étude primaire élémentaire (CEPE) ont réussi leur examen avec succès. C’est une situation inédite qui a été saluée par les autorités locales ! Une classe verte dans le Parc National de Ranomafana a été organisée pour les meilleurs élèves. Ce résultat est très probablement lié aux cantines scolaires qui permettent aux enfants de manger à leur faim. Au cours de l’année 2022-2023 ce sont près de 90 000 repas qui ont été distribués, permettant de nourrir quotidiennement 719 élèves. 

La Fête des Simus a eu lieu le 28 octobre 2023 à Sahofika. Elle a réuni plus d’1 millier de personnes. Pour l’occasion, une centaine d’enfants venant des 5 écoles du programme ont préparé des spectacles avec l’aide des éducateurs. 

Merci pour votre soutien ! Nous comptons sur vous en 2024 ! 

Univet Nature membre des Organisations de la Société Civile françaises actives dans les pays en voie de développement !

            L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) vient de publier le second annuaire des Organisations de la Société Civile (OSC) françaises de biodiversité actives dans les pays en voie de développement (PED), grâce à son groupe de travail « Pays en Développement et Biodiversité ».

            L’engagement du fonds de dotation Univet Nature dans des pays comme Madagascar, l’Indonésie ou bien la Malaisie le rend membre à part entière des OSC françaises qui œuvrent pour la protection de la biodiversité dans les PED. 

            Retrouvez nos actions pages 74 et 75 de l’annuaire !

Pour Noël participez à la protection des forêts de Sumatra et des tortues marines de l’île de Marak !

Suite à l’exposition « L’Art au service de la Nature » qui s’est déroulée en mai 2023 à Mougins, des photographies sont toujours disponibles à la vente. 

L’intégralité des recettes est reversée à l’association RIMBA, qui se bat pour la protection des dernières forêts de Sumatra et la conservation des tortues marines de l’île de Marak en Indonésie (https://univetnature.org/2023/03/28/lart-au-service-de-la-nature-au-coeur-de-sumatra/).

Les photographies ont été réalisées sur le terrain à RIMBA par la photo-journaliste Sophie Rodriguez. Elles sont vendues avec un certificat d’authenticité, imprimées sur papier « photo pearl » Hahnemühle 310 g et contrecollées sur Alu Dibond.

Taille : 40*60 cm

Le prix inclut la livraison à votre domicile. 

N’attendez plus ! Ces photographies sont en édition limitée.

Pour commander contactez par mail Marie Jacquier : marie.jacquier@univetnature.org

Médecine et chirurgie vétérinaire au Centre de Conservation des Éléphants

Du 3 au 7 décembre aura lieu des cours sur la médecine et la chirurgie des éléphants en présence des docteurs Norin Chai et Endre Sós, au Centre de Conservation des Éléphants au Laos.

Lors de cet événement l’échographe donné par Fujifilm sera utilisé et permettra aux vétérinaires présents d’améliorer leurs compétences pratiques pour soigner et préserver au mieux les populations d’éléphants d’Asie ! 

Lien vers l’événement : http://yaboumba.org/voyages-seminaires/elephants-laos-2023/

Un partenariat inédit entre Des Éléphants et des Hommes et Fujifilm

L’association des Éléphants et des Hommes (DEDH) soutient le fonctionnement du Centre de Conservation des Éléphants du Laos (CCE). Plusieurs actions sont menées par ces deux entités qui collaborent, afin de protéger les forêts qui abritent les éléphants d’Asie (Elephas maximus) et de favoriser la multiplication des populations restantes.

En effet, le CCE s’implique dans la recherche, notamment la reproduction et la socialisation chez les éléphants, afin d’augmenter le succès reproducteur de cette espèce (chances d’accouplement lors de la mise en contact d’un mâle et d’une femelle). Dans cette optique, le suivi de gestation couplé aux analyses biologiques hormonales, de progestérone et testostérone, est indispensable. Ce dernier nécessite du matériel spécifique que sont les échographes. En 2023 le CCE ne disposait plus d’échographe ce qui a rendu très compliqué, voire impossible, le suivi et l’évaluation de la date de mise bas d’une éléphante gestante.

Pour cette espèce menacée, en danger d’extinction (EN) d’après la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), la reproduction est cruciale. Le nombre de petits par femelle est limité dû à une maturité sexuelle tardive (entre 13 et 16 ans pour les femelles), une durée de gestation de 18 à 22 mois et un sevrage de plusieurs années (quatre ans environ). Chaque gestation doit donc être suivie de près pour augmenter les chances de mise-bas d’un nouveau-né viable et en bonne santé. 

Face aux difficultés liées à l’absence d’un échographe au sein du CCE en 2023, la SAS Fujifilm Vet Systems a choisi de s’engager aux côtés de DEDH et du CCE en faisant don d’un échographe adapté afin que les vétérinaires du centre puissent assurer le suivi de gestation des éléphantes. Ce nouveau partenariat augmente les chances de reproduction de cette espèce emblématique qui menace de disparaitre et favorise la reconstitution de populations viables en relâchant des individus ou des groupes d’individus dans les forêts protégées du Laos.

Échographe remis en main propre à la vétérinaire du centre (CCE) et au technicien. 

Merci à Des Éléphants et Des Hommes pour leur travail de terrain et à Fujifilm pour leur soutien dans ces actions de conservation cruciales et urgentes. 

Jack et Rose le couple d’Indri de la forêt de Vohimana

Les forêts de Madagascar regorgent de richesses et d’espèces de faune et de flore endémiques. Malheureusement ces forêts sont soumises à des coupes de bois intempestives, la plupart du temps illégales, qui menacent les espèces qu’elles abritent. 

La réserve de Vohimana se situe au cœur du corridor forestier de l’Est. Elle abrite plus de 70 espèces de grenouilles endémiques sur moins de 6km2, ce qui en fait un hotspot mondial pour les amphibiens. On trouve également 12 espèces de primates dont l’Indri (Indri indri) la plus grosse des espèces de lémuriens. Au sein de la réserve se trouve une zone de 65 hectares de taille suffisante pour accueillir de petits groupes d’Indri et qui présente les espèces alimentaires nécessaires à leur suivie. À l’extérieur de la réserve le couvert forestier se réduit d’années en années. Depuis 2019 ce sont cinq indris, deux couples et un solitaire, qui ont été sauvé d’une mort imminente liée à la destruction et à la coupe des arbres dans les zones où ils se situaient. 

Le partenariat entre L’Homme et l’Environnement et Univet Nature a permis de capturer et de relâcher dans la réserve de Vohimana le couple d’Indri, Jack et Rose. Ceux-ci ont également été équipés de colliers GPS afin d’assurer un suivi écologique de leurs déplacements et de comprendre quelles interactions ils pourraient avoir avec d’autres groupes de lémuriens. 

Capture de l’un des Indris du couple pour le relâcher au sein de la réserve de Vohimana 

Différents professionnels (vétérinaire, technicien et le responsable des primates du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris) sont intervenus en coordination avec les guides locaux pour mener à bien cette mission. 

Formation de suivi des Indris équipés d’un collier émetteur 

Aujourd’hui le couple évolue toujours au sein de la réserve, loin des menaces anthropiques qui menaçaient sa survie !

Le couple Jack et Rose après avoir été relâché

Etudier, former et sensibiliser pour mieux protéger – la conservation des cétacés Méditerranéens par MIRACETI

La Méditerranée représente un écosystème marin unique. S’étendant sur une superficie de 2,5 millions de km² (soit 0,7 % de la surface totale des océans), elle couvre à elle seule 21 pays d’Europe, d’Afrique et d’Asie. Cette mer est également un Hotspot de biodiversité Mondiale, abritant plus de 17 000 espèces, soit 7,5 % de la diversité de la faune marine Mondiale. 

Parmi cette biodiversité exceptionnelle, la Méditerranée possède une concentration unique de cétacés dont 18 espèces considérés comme résidentes de ces eaux chaudes tempérées. 

Mais ces animaux, pour certains classés sur la liste rouge des espèces menacées, sont confrontés à de multiples menaces. Outre la pollution et la dégradation de leur habitat, ces espèces souffrent terriblement du trafic maritime et de la pression touristique engendrant collisions mortelles, bruits parasites perturbant leurs communications et captures accidentelles dans des filets.

Globicéphale noir (Globicephala melas)

Afin de contribuer à la préservation de ces cétacés et leur écosystème marin, l’association MIRACETI concentre ses efforts depuis de nombreuses années sur plusieurs missions :

  1. Améliorer les connaissances sur les espèces de cétacés et les différentes menaces auxquelles ils font face en étudiant, observant et recensant leurs populations évoluant en mer Méditerranée. En 2022 ils ont totalisé plus de 125 jours de missions en mer pour suivre des espèces telles que le grand dauphin ou encore le cachalot, représentant au total plus de 4000 km de parcouru en une année.
  2. Sensibiliser et former les autorités maritimes et le grand public à l’identification, au suivi, et l’approche avec respect des cétacés endémique de Méditerranée. Grâce à son engagement, l’association MIRACETI a ainsi participé en 2022 à 15 manifestations publiques pour partager les connaissances sur ces mammifères marins uniques et favoriser la prise de conscience pour leur protection.  De plus, elle a dispensé 17 formations aux acteurs du milieu maritime et au grand public, dont des formations sur les bonnes pratiques d’observation des baleines avec la certification « Observateurs High Quality Whale watching® » afin de favoriser un tourisme respectueux et sans danger pour les cétacés.
  3. Apporter son expertise et des outils scientifiques pour soutenir la conservation et limiter les menaces sur ces espèces. MIRACETI participe activement à 13 projets en partenariat avec des acteurs institutionnels publiques et privés, des fondations et des organisations non gouvernementales. Avec ces acteurs, ils ont mis en place des programmes de suivi des populations sur le long terme, ainsi que poursuivi le développement et le suivi du dispositif REPCET® pour limiter les risques de collision. Enfin, leur travail d’experts a également permis à l’association de participer à 6 publications scientifiques en 2022 permettant de continuer à enrichir les connaissances actuelles sur ces espèces marines.
Rorqual commun (Balaenoptera physalus)

Étudier, former et sensibiliser sont les missions pour lesquelles s’engage depuis des années MIRACETI. Grâce à leur formidable travail, la protection des cétacés et de leur écosystème progresse mais le chemin est encore long. 

Si vous aussi voulez soutenir la conservation des cétacés et leur environnement : https://univetnature.org/don

Pour en savoir plus sur les actions de MIRACETI : https://miraceti.org/