A Madagascar le temps est plus rapide. Le temps y est compté. Il n’y pas un jour, pas une heure, pas un paysage que l’on traverse où nous ne ressentions la précarité de ce que nous observons. Les paysages ne seront plus là pour notre prochain voyage… Triste tropique. Les espèces de lémuriens se comptent en centaines quand il faudrait qu’ils soient des milliers pour supporter la charge que l’humanité leur afflige. Sur une île, c’est difficile de s’extraire de l’emprise des hommes. Pas d’échappatoire. À Madagascar, il n’y a pas que les écosystèmes qui sont endémiques : l’agriculture extensive sur brûlis y a déjà ravagé 90% des forêts primaires. Les zones de forêt naturelle de montagne sont le domaine des tavy. Selon la description classique, le tavy est une culture de riz pluvial par essartage et culture sans labour. Les parcelles sont défrichées en forêt secondaire et deviennent des jachères forestières.